mardi 12 janvier 2010

Nouvel An, 1e partie

(j'ai écrit ça le 10 janvier, mais ne le poste qu'aujourd'hui... je suis à Nara en ce moment et pars demain pour Kyoto)
Le Nouvel An : 31 décembre – 3 janvier

Je suis dans le shinkansen, en direction de Nara, avec un changement à Osaka. C’est hyper-confortable, l’espace devant le siège est grand, ça conviendrait même à Arthaud ! Pour l’instant il n’y a personne à côté de moi, et j’ai la place à côté de la fenêtre. Je n’ai presque pas vu de « vraie » campagne, mais je ne m’y attendais pas vraiment ! Les villes ne sont pas très belles, beaucoup d’immeubles en béton et sales…

Mais reprenons là où j’en étais.
Le 30 décembre, je suis allée pour la première fois dans la « vraie » maison de… (on est arrêté dans une gare et le nez d’un shinkansen vient de passer devant ma fenêtre au ralenti !!)… Keishin. Mission : faire des mochis (galette/pâte de riz), mais finalement j’ai passé mon temps avec la femme du fils de Keishin et les enfants de sa fille. On était dehors, où le riz était cuit à la vapeur d’un feu qui nous réchauffait. Avec les enfants, on a joué à un jeu où quelqu’un dit un mot, et le suivant doit en trouver un autre qui commence avec la dernière syllabe du précédent. C’est assez frustrant d’être moins douée que des enfants (7 et 5 ans !).
Quand tout le riz a eu fini de cuire, je suis allée à l’intérieur et j’ai rencontré les parents de Keishin qui, je vous le rappelle, ont 91 ans ! Sa mère est globalement en bonne santé, bien que très courbée, limite à angle droit ! Et elle n’entend pas très bien. Mais elle bouge beaucoup ! Son père par contre est en très mauvaise santé, et c’est parfois pas très agréable parce qu’il tousse très souvent (sans mettre la main devant a bouche ; il y a même eu des projectiles une fois, et pas d’excuses… mais bon, il a 91 ans, on ne peut pas le blâmer…).
La télé est constamment allumée, et je dirais que 80% du temps on la regarde ( on ne parle pas entre nous). A et la table, c’est pas vraiment une table, c’est ce qu’on appelle un « kotatsu ». La table est à environ 20 cm du sol, mais il y a un trou en-dessous (de la même dimension que la table) où on met ses jambes, et dans le trou, il y a un machin chauffant, et attaché à table il y a une couverture chauffant, qui en fait tout le tour. C’est très agréable, par contre pour regarder la télé, c’est pas confortable du tout…

Le 31 décembre, il n’y avait pas toute la famille comme je l’attendais. Il y avait juste les grands-parents, Keishin et sa femme et leur plus jeune fils, qui est juste venu manger puis reparti je ne sais où. Toute la soirée on a regardé une émission qui passe tous les ans depuis au moins 50 ans. L’émission est un « match » entre deux équipes : la blanche (hommes) et la rouge (femmes). Tous les participants sont des chanteurs/groupes de musiques, la plupart très connus au Japon. Il y a tous les styles de musique, moderne comme l’« enka », chants traditionnels japonais. Un groupe de l’équipe blanche chante, puis un groupe de l’équipe rouge et ainsi de suite. Entrecoupé de pause pub toutes les 10 minutes ! Depuis plusieurs années, c’est l’équipe blanche (hommes) qui gagne… ce serait peut-être juger trop vite de dire que c’est un signe du sexisme existant dans la société japonaise… Objectivement, je ne peux pas dire quelle équipe méritait de gagner. En tout cas, grâce à ça j’ai découvert un groupe japonais sympa, les « funky monkey babies ».
Un peu avant minuit, Keishin me propose d’aller au temple de Kikuchi. Du coup à minuit, j’étais dans la voiture…
Au temple, c’était incroyable la foule qu’il y avait ! Au moins 300 personnes faisant la queue pour sonner la cloche ! Au niveau de l’entrée du temple, il y a un grand drap pour recueillir l’argent que les gens jettent avant de sonner la cloche puis taper dans les mains 2 fois et prier. En fait, il y avait 3 cloches, mais les gens ne faisaient la queue que pour celle du centre, alors Keishin et moi on a pris des photos avec celle de gauche.
Voilà, juste le temps de prendre quelques photos et on est rentrés à Yamaai-mura.

1er Janvier.
Levés vers 8h30 pour aller prendre le petit-déjeuner à la maison de Keishin. J’ai passé ma journée sous la kotatsu, on ne me laissait pas aider. Parfois je me retrouvais seule avec les grands-parents, quand la grand-mère me parlait, je ne comprenais absolument rien. C’est à me demander si elle sait parler le Japonais normal, parce qu’elle me parlait en Higo-ben (et ça devrait être logique que je ne le parle pas, et elle semble avoir toute sa tête)… En tout cas ça faisait marrer les gens autour :P
Ce jour-là aussi, il n’y a pas eu toute la famille d’un coup, mais elle a défilé toute la journée. Au début, Katsu (le fils de Keishin) et sa femme, plus tard une sœur de Keishin avec son fils et sa copine, après le diner la fille de Keishin avec son mari et ses 3 enfants (elle a eu son premier fils à 20 ans !).
Encore une fois, la télé était tout le temps allumée.

Pour ce qui est de la nourriture, je suis vraiment pas douée, que ce soit pour me souvenir des noms, de quoi était faits les plats, et simplement de ce que j’ai mangé.
Il y a une plat, c’est un œuf de caille avec deux champignons extra-fins dans de l’eau chaude (je me souviens même plus si elle avait un goût).
Un deuxième, ce sont des nouilles (Soba, pour ceux qui connaissent) avec divers légumes et un mochi (pâte de riz, très collante, encore plus dans de l’eau chaude comme c’était le cas).
Il y avait des œufs de poissons (pas du caviar, hein) oranges, des graines de soja, des lentilles noires, des petits poissons frits (mais y’a presque rien à manger dessus, j’comprends pas), des trucs indescriptibles. Sushis, sashimis…

Il y a eu une émission que j’ai bien aimée (c’est rare !) où on suit des enfants à qui on a demandé d’aller faire les courses pour la première fois. Il y en avait un, j’ai eu les larmes aux yeux à la fin. Il devait apporter des poissons chez le poissonnier pour qu’il en fasse des sashimis. Mais les poissons étaient très gros, et surtout le petit garçon déteste les poissons. Bref, à un moment, les poissons tombent de la boîte dans laquelle il les transportait (mauvais couvercle), et ils sont tellement lourds et « glissants » qu’il n’arrive pas à les remettre dans la boîte. Alors on le voit hésiter à rentrer chez lui, mais non ! y’a un chat qui rôde ! Alors finalement il prend 2 bâtons et arrive à les remettre dans la boîte. Mais pas très bien alors 10 mètres plus tard, même problème !
Ensuite il doit acheter 2-3 trucs dont des pommes. Le chemin du retour est en montée, et les pommes tombent de son sac plastique et dévalent la pente. Il court les chercher, les remet dans son sac. Mais 2 minutes après, elles retombent !
Voilà, c’est tout, quand il arrive chez lui il est tout content, et en plus il a cueillit des fleurs pour sa maman ! C’était trop mignon, c’est comme si on le voyait grandir sous nos yeux !

Je descends à la prochaine station.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire