Le 17 Novembre, Fanny, Gwen et moi partons de Yamaai-mura, eux pour aller à Fukuoka, moi pour aller jusqu’à Kagoshima, d’où je prendrais le ferry pour Okinawa. Nous prenons ensemble le bus jusqu’à Kumamoto, la grande ville proche de Yamaai-mura, et sans eux je n’aurais peut-être pas compris le fonctionnement des bus ici. Quand on monte dans le bus, on prend un ticket où est inscrit le numéro de la station où on est monté, et ce n’est qu’en descendant du bus qu’on paie. Le tarif est donc fonction de la distance parcourue. Quand on paie, si on n’a pas de monnaie, il faut insérer son billet dans une machine qui fait la monnaie, puis mettre en liquide le montant exact dans une boîte, qui affiche la somme des pièces données.
Dans le bus de Kikuchi à Kumamoto, une femme âgée m’a parlé. Elle m’a demandé quel âge je lui donnais, j’ai dit 65, elle en avait 80 (je ne voulais pas la vexer donc j’avais fait exprès de sous-estimer, mais quand même) ! On était à 3 sur une banquette, et la 3e femme ne pouvais pas me voir quand je parlais, quand finalement elle m’a regardé, elle a dit à la femme à qui je parlais qu’elle avait cru que j’étais japonaise !! \(^o^)/
Je lui ai dit que j’avais peur qu’à cause du temps, il pleuvait beaucoup, le ferry ne parte pas, mais elle m’a rassuré en me disant qu’il pleuvait mais ne ventait pas, donc il n’y aurait pas de problème.
Arrivés à Kumamoto, je dis au revoir à Gwen et Fanny (ils font le tour du monde, leur blog : radio-globe.com), et attends mon bus pour Kagoshima, dont j’avais déjà acheté le billet. Quand le bus arrive à l’aéroport de Kagoshima, tout le monde descend alors je crois que c’est le terminus (alors que je pensais avoir acheté un billet pour aller jusqu’au port !). Je vais à l’intérieur de l’aéroport pour demander comment aller jusqu’au port, quand le chauffeur du bus me rattrape et me dit que j’ai oublié mon sac dans le bus !! Je vais le récupérer, et j’en profite pour demander au chauffeur comment aller au port, et il me dit que son bus y va ! … Je remonte dans le bus et attend qu’il me dise quand descendre ! Et cette fois-ci je n’oublie pas mon sac !
Une fois au port, il faut que j’achète mon billet de ferry. Il est environ 15h et le ferry part à 18h. J’ai le temps ! Pas tant que ça, finalement ! Le port fait presque abandonné, il n’y a personne, j’ai vu quelques pécheurs, et tout est écrit seulement en Japonais !! Pour seule carte, le vague machin du Lonely Planet… Je rentre dans une sorte de salle d’attente où y’a des guichets, je demande un ticket pour Motobu, Okinawa, mais la madame [(^_-) à papa] me dit que je ne peux pas l’acheter ici, et elle me montre, par la fenêtre, un autre endroit où il y a des bateaux, mais ça à l’air super loin, elle dit qu’on peut y aller à pied, mais je ne comprends pas comment. J’essaie de me diriger vers cet endroit, mais je ne trouve pas le chemin. Je fais donc demi-tour pour essayer de trouver un autre endroit où je peux demander de l’aide. Je vois un bâtiment où il y a écrit le nom d’autres îles qui sont avant Okinawa, je rentre et enfin quelqu’un me montre une carte de la ville et m’explique clairement comment aller là où je peux acheter mon ticket pour Okinawa. Il est 16h.
Vers 16h30, après des hésitations aux carrefours (la personne m’avait dit de tourner quand je verrais le conbini Lawson, mais il n’y en avait pas là où c’était prévu), je trouve l’endroit où je peux acheter mon ticket ! Au guichet, on me donne un truc à remplir, et j’ai du avoir l’air un peu perdue, parce qu’un Russe est venu me voir pour me demander si j’avais besoin d’aide. En fait j’ai réussi à le remplir toute seule, mais du coup j’ai commencé à parler avec lui et son acolyte, qui en fait parlait mieux anglais que lui, et japonais ! Ils étaient arrivés au Japon environ 10 jours auparavant, vers Osaka, en bateau depuis
A 17h, c’était le moment d’embarquer pour moi, et il n’était pas près d’avoir ce qui lui fallait ! Je lui ai donné un peu d’argent et j’ai dit au revoir.
J’avais acheté le billet le moins cher, et je m’attendais à être dans une très grande salle remplie de futon. Mais en fait j’étais dans une cabine de seulement 12 futons, et que des femmes avec moi ! Deux femmes m’ont proposé de manger avec elles, après que j’ai acheté mon bento (boîte-repas tout prêt). Elles m’ont donné en plus deux sushis, on a parlé 3 minutes, mais ensuite c’est comme si je n’étais pas là, j’ai trouvé bizarre qu’elles m’aient proposé de manger avec elles si c’était pour parler entre elles ! J’ai fini mo bento en commençant E.T., que je n’avais jamais vu en entier ! J’ai été un peu déçue, il a du vieillir comme film… et moi aussi ! E.T. ne dit rien d’intéressant à part « E.T. phone, home ».
Quelques trucs que j’ai trouvé… amusant (je trouve pas le bon mot) : bien sûr on devait enlever ses chaussures pour rentrer dans la cabine, ensuite, c’était bizarre, les femmes ne se gênaient pas pour marcher sur les futons, y compris le mien, et y compris quand j’étais assise dessus… bizarre !
Je suis la seule à m’être mise en pyjama.
Elles ont presque toutes mis un masque pour dormir… peur de la grippe A ?
Ma cabine était celle la plus à l’avant du bateau, du coup on ressentait vraiment les vagues (qui n’étaient pas petites, mais elles n’allaient quand même pas jusque sur le bateau). Les deux femmes m’avaient gentiment donné des pilules contre le mal de mer, mais j’avais quand même peur de tomber malade. Heureusement, ça n’est pas arrivé ! Mais la nuit a été très inconfortable, j’ai mis mes boules quiès et le masque qui est distribué dans les avions pour dormir. Si j’avais en plus mis un masque sur la bouche comme les autres, ça aurait été marrant :P
Je me suis levée tôt le lendemain, vers 9 heures, le ferry s’arrêtait dans une île. Je me suis acheté des petits biscuits pour petit-déjeuner, quand Konstantin m’a retrouvée ! Evgennij avait finalement réussi à récolter assez d’argent. Il m’a dit qu’après que je lui en ai donné, les japonais s’y sont mis aussi (^O^) !
Evgennij et Konstantin, eux, avaient dormi dans une grande salle comme celle que j’imaginais. Evgennij était en train de faire du yoga (c’était un mec un peu spécial, très zen), alors je suis allée sur le pont avec Konstantin. La conversation n’était pas facile parce qu’il parlait pas très bien anglais… On a pris quelques photos, et il m’a montré une sorte de documentaire, mais seulement en image, de jeunes Russes qui font des figures en roller sur les rampes etc. C’était sympa, mais un peu long pour moi qui n’en suis pas fan !
Après on a retrouvé Evgennij et on a déjeuné ensemble, on a pris d’autres photos. Evgennij mangeait trèèès lentement, mais plus tard il m’a dit « j’ai l’impression d’avoir trop mangé, c’est ça quand on mange trop vite ». J’ai plus discuté avec lui parce qu’il parlait mieux anglais. Il m’a dit qu’il avait tout quitté en Russie, ou plutôt il m’a dit qu’il n’avait aucune raison d’y retourner. Au déjeuner, il avait mis de la musique avec son ordinateur et commencé à danser avec une chaise comme partenaire !
Je les ai abandonné jusqu’au débarquement car j’ai rencontré un couple de Québecquois qui faisaient tout le Japon à vélo (ayant commencé à Hokkaido, ils arrivaient donc à la fin). Ils devaient avoir environ 40 ans, et ce qui est incroyable, c’est qu’ils connaissaient la petite ville d’Amqui où j’avais été en voyage de classe en 4e !!
Ils m’ont dit, et je suis bien d’accord avec eux, que ce qui les avait le plus étonné, et ce qu’ils préféraient au Japon, c’était les Japonais ! On les imagine souvent comme des gens très réservés et froids, mais la plupart du temps ils sont au contraire très chaleureux et extravertis (extraverti, c’est peut-être plus souvent les hommes…) ! Elle racontait qu’un jour où elle était allée dans un onsen, elle avait du enlever un bandage sur sa jambe abîmée, et la femme à l’accueil avait du le remarquer parce qu’en sortant, elle lui avait offert un onguent « for the leg ! »
Le bateau arrive à Motobu, et les Russes me disent qu’ils vont aussi descendre ici, puis faire de l’auto-stop jusqu’à Naha. Je me demande s’ils font de l’auto-stop juste pour le plaisir, parce qu’il m’avait dit qu’il avait acheté un ticket pour jusqu’à Naha. A peine descendu du bateau, ils sortent leur panneau « Nobostete Kudasai (litt. Faites moi monter s’il vous plait) ». Mon hôtel est sur la route pour Naha, alors ils me proposent de monter dans la voiture qui les emmènera. Je voulais aller jusqu’à l’hôtel à pied, mais en regardant ma vague carte Lonely Planet, Evgennij me dit que l’hôtel est à 8km environ… J’accepte finalement de monter avec eux, et je suis très étonnée quand une voiture s’arrête après à peine 5 minutes ! Les propriétaires de la voiture sont un couple en voyage. En fait, l’hôtel n’était qu’à 5-10 minutes en voiture !! J’ai donc dit au revoir à tout le monde, Evgennij m’avait donné son mail pour quand j’irais à Naha, mais je ne lui ai pas écrit. J’avais un peu peur de me retrouver je ne sais où en le suivant !
L’hôtel est vraiment sur la plage ! Comme il n’y a personne (fin novembre, c’est pas vraiment la haute saison !), on me donne une chambre qui donne sur la plage, pour le même prix qu’une chambre sur la route ! (^o^)/ よかったわ ! Je vais m’installer dans ma chambre, la numéro 1, que j’avais réservé de style occidental ! Voilà, j’avoue, je préfère nos bons matelas aux futons ! Quel plaisir d’être pour la première fois dans un bon lit depuis 2 mois ! Et à la télé, y’avait une chaîne américaine ! Je peux comprendre !! Finalement, je l’ai souvent éteinte parce que y’avait trop souvent des pubs ou je ne sais quoi avec des soldats etc. En guise de robe de chambre il y avait ça : un Yukata (kimono très léger), super confortable ! Et stylé (^_^)
Je dois dire que toute seule dans le restau de l’hôtel je me suis sentie… bein seule quoi. Je me suis mis dans un coin où il n’y avait que 2 tables pour ne pas avoir l’impression que le restau était aussi grand qu’il l’était :P Et j’ai repris la lecture de mon Proust, grand compagnon pendant ce voyage ! La dernière fois que je vous en ai parlé, j’en étais à la page 184, aujourd’hui j’en suis à la page 415 (ça reste long à lire, hein !).
J’ai mangé un plat d’Okinawa qui s’appelle « Soki-soba », soba étant une sorte de nouille, sauf qu’en fait ce n’était pas des soba mais des udons (autre sorte de nouille) qui étaient utilisés. Il paraît qu’à Okinawa, le mot pour udon et soba est le même.
J’ai marché un peu sur la plage, mais il faisait nuit donc je ne voyais pas encore la couleur de l’eau. Je me suis endormie avec le bruit des vagues, en ayant hâte de la voir !
Amusant ces rencontres et ce parcours pour trouver un billet...de même que la nuit dans le bateau.
RépondreSupprimerJ'espère que ce voyage qui démarre en solitaire à l'hôtel s'est bien déroulé !!!
Je t'embrasse,
Dad.
j'attends la suite avec impatience
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