C’est presque à regret que je vais prendre mon petit-déjeuner. Pour compenser, je le prends face à la mer. Et il était très bon, et très complet : une omelette avec deux mini-saucisses et deux petits brocolis, de la soupe, mais aussi du jus d’orange, deux petits pains avec beurre et confiture : comme les Japonais, je n’ai pas fait le choix entre le sucré et le salé, j’ai tout mangé !
Mon plan pour la journée était d’aller au plus grand aquarium du Japon, mais en relisant mon LP, j’ai vu qu’il était fermé ce jour-là (jeudi, aussi jour de fermeture du restaurant de l’hôtel, peut-être que le jeudi est le jour de repos à Okinawa ?). J’ai donc choisi d’aller sur l’île de Sesoko-jima, reliée à Motobu par un pont. Je demande à l’accueil si je peux y aller en bus, ils me disent que non. On me dit que pour y aller en taxi, ça coute 10 euros. J’accepte. Première fois de ma vie que je prends le taxi toute seule ! Bien que j’avais déjà lu qu’au Japon, les portes des taxi s’ouvrent automatiquement (enfin, le chauffeur a juste à appuyer sur un bouton), j’ai quand même eu le réflexe d’essayer d’ouvrir la porte toute seule !
A un moment le chauffeur m’a dit « nihongo ga umai », qui veut dire « vous êtes douée en Japonais », sauf qu’il a du répéter la phrase 4 fois pour que je comprenne, prouvant ainsi le contraire de ce qu’il affirmait !
Il m’emmène jusqu’à la plage de l’île. Il y a 3 personnes à « l’entrée » de la plage, alors je continue à marcher jusqu’à ce que je trouve un endroit isolé, au pied d’une falaise, et entouré de gros rochers. L’eau est toujours aussi magnifique, en face de moi, l’île d’Ie-jima d’où s’élève un volcan, j’ai l’impression d’être seule au monde. Je ne comprends pas pourquoi par un aussi beau temps, et avec une aussi belle mer, il n’y a personne sur la plage et encore moins dans l’eau !
Heureusement que j’avais pris un petit-déjeuner copieux, je n’ai pas eu faim et je suis restée de 11h à 14h30 environ ! Je n’ai pas nagé, mais j’ai mis les jambes dans l’eau. Je n’avais pas apporté mon maillot de bain, et je dis qu’il n’y avait personne mais deux fois des hommes sont venue jusqu’à mon coin et, me voyant, on fait demi-tour. Donc je n’ai pas fait la naturiste.
Mais j’ai mis la musique à fond dans mes écouteurs et j’ai dansé comme si j’étais seule ! Je ne voulais pas partir, je me disais que je n’aurais sûrement pas l’occasion de refaire ça avant très longtemps, peut-être jamais !
En taxi, ça avait pris peut-être 15 minutes de venir jusqu’ici, alors je me suis dit que j’allais rentrer à pied, en me promenant un peu dans le centre de Motobu, faire quelques courses (il fallait que je m’achète à dîner puisque le restau de l’hôtel serait fermé, et je voulais m’acheter du désinfectant pour des bobos que j’avais sur les doigts depuis que j’avais fait du cheval).
Sur l’île, je vois des cimetières, qui n’ont rien à voir avec ceux que j’avais vu à Kyushu. Malheureusement, je n’ai pas pris de photo, sur le moment je n’arrivais pas à croire que c’était un cimetière. Ce sont comme des toutes petites maisons, mais ouvertes, en béton ! Oui, en béton ! De temps en temps il y avait 3 fleurs, mais pas à chaque fois, et c’était sale, des gobelets comme si des gens étaient venus boire leur bière là. Mais j’en ai vu d’autres ensuite, et je ne vois pas ce que ça pourrait être d’autre à part des cimetières. Deux photos trouvées sur internet (cliquez):
La route était plus longue que je ne pensais, qu’en j’ai enfin aperçu le pont, avant de l’emprunter je me suis arrêtée dans un boui-boui où j’ai mangé du riz au curry avec un peu de poulet. L’homme qui tenait l’endroit savait dire toutes les formules de politesse en français, j’ai été très étonnée quand il a dit « je vous en prie », je n’avais encore jamais entendu un Japonais le dire ! Et bon accent en plus !
Puis j’ai emprunté le pont et je me suis dirigée vers la toute petite ville pour faire deux-trois courses. Je ne trouvais pas de désinfectant dans les conbinis, donc j’ai galéré un peu pour trouver une pharmacie. Mais j’ai fini par trouver J La ville était très moche… Aucune maison traditionnelle. Je pensais que c’était parce que tout avait été reconstruit après la guerre, mais j’ai lu que « les bâtiments sont en béton pour affronter les fréquents typhons et le vent marin salé. »
Jusqu’en 1609, Okinawa ne faisait pas partie du Japon, mais était un pays indépendant, le royaume des Ryukyu, qui échangeait énormément avec l’Empire chinois. Je cite wikipedia : «Les habitants, bien que parlant la langue nationale, la parlent souvent entre eux avec un accent spécifique et ont également leur langue locale, qui tend à se perdre dans les jeunes générations. Les habitants d'Okinawa revendiquent leurs différences culturelles avec le Japon. La culture d’Okinawa est en fait un mélange de cultures chinoise et japonaise, avec de nombreuses spécificités, notamment au niveau de la musique et de la nourriture. »
Je vous parlerais des plats au fur et à mesure que je les ai mangé, pour la musique, j’ai vu beaucoup de joueurs de sanshin, une variété okinawaïenne du shamisen, instrument traditionnel japonais.
Pour moi, le détail le plus fréquent qui indiquait l’influence chinoise à Okinawa, ce sont les Shiisa, les deux lions qui gardent l’entrée des maisons. Dans la plupart des cas, celui de gauche à la gueule fermée, pour garder les bons esprits à l’intérieur, et celui de droite la gueule ouverte, pour faire peur aux mauvais esprits.
Les shiisa classiques ressemblent à ça :
Mais il y en a de plus drôles (photo prise à Naha) :
Voici la légende des Shiisa (que j’ai traduit de l’anglais…) :
« Un émissaire de Chine revenait, d’un de ses voyages, à la coure du Château de Shuri (résidence du roi des Ryukyu, que j’ai visité à Naha), il apporta comme cadeau au roi un collier décoré d’une petite figurine de shisa. Le roi le trouva charmant et le porta sous ses vêtements.
Par ailleurs, il se trouvait que dans le la baie de Naha, le village de Madanbashi était persécuté par un dragon des mer qui mangeait les villageois et détruisait leurs biens. Un jour que le roi visitait le village, une des ces attaques eu lieu ; tout le monde couru et se cacha.
J’ai lu cette légende à l’instant, en même temps que je la traduisais, et bien sûr le Lonely Planet n’en parlait pas. Si j’avais su, je serais allé voir ça à Naha, d’autant plus que je suis passée pas loin du pont. Zut.
Bref, après avoir trouvé ce que je voulais dans la ville de Motobu, j’ai décidé de rentrer à pied à l’hôtel, que je pensais plutôt proche. Finalement j’ai marché pendant environ 1h30, et j’ai eu très mal aux pieds, mais j’ai été accompagnée par un ciel et un couché de soleil magnifiques !
Une fois rentrée à l’hôtel, rien de spécial, j’ai mangé mes sushis, j’ai regardé un film et fait dodo.
C'est un grand plaisir de vous lire,grâce à vos récits et vos photos je découvre ce pays que je connaissais mal,mille fois merci.
RépondreSupprimerMais de rien cher Gilbert :) Je suis étonnée que quelqu'un que je ne connais pas lise mon blog !
RépondreSupprimerApparement, c'est même plus d'une personne que tu ne connais pas qui lis ton blog ^^, même si pour ma part, il me semble que je t'ai déjà croisé dans la vrai vie au moins une fois, et c'est aussi avec grand plaisir que je découvre chaque nouvel article :)
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